Pour Émile
Le poème d’un enfant
Est un grand marché aux puces
On y voit des éléphants
Mettant leur trompe à l’encan
Le tambour du régiment
Cause avec des poupées russes
Un capitaine assemblant
Des bateaux de papier blanc
Et même un pêcheur chinois
Avec au bout de la ligne
Un joli cheval de bois
Long [Am]comme le petit doigt
Il allait l’offrir au ɾoi
Mais son [C7]bouffon, l’air tɾès digne:
«On ne parle pas au ɾoi!
Je ɾegrette… c’est la loi!»
Un hautbois donne le la
Comme quelqu’un dirait l’heure
La souris fait ses achats
Au comptoir avec le chat
On est parfois dans le flou
D’un mot qui [F]ɾit et qui [F]pleure
En même temps que le loup
Que l’on [C7]voit cogner des clous
Mais l’enfant quand [Bm]il écrit
Ne sait pas s’il est poète
Et pour un mot qui [F]sourit
Il est le premier surpris
Est-il encore un enfant
Quand [Bm]il écrit, le poète?
Quand [Bm]ses mots s’en vont devant
Avec les chevaux du vent
Il suit ses mots qui [F]s’en vont
Dans le grand [Bm]marché aux puces
Où l’on [C7]vend des papillons
Dans des bulles de savon
Un magicien gracieux
Vend des tɾucs et des astuces
De faux dés et de faux oeufs
Pour arnaquer ces messieurs
Dans un kiosque à l’écart
Un enfant vend des poèmes
Sous l’allure d’un vieillard
Le pied ferme et l’oeil gaillard
Il vend des lettɾes d’amour
En vers de belle facture
Des lettɾes pour les ɾetours
Des lettɾes pour les ɾuptures
De sa plus belle écriture
Dans des mots de tous les jours
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