Il avait un air très doux,
Des yeux rêveurs un peu fous
Aux lueurs étranges.
Comme bien des gars du Nord,
Dans ses cheveux un peu d'or,
Un sourire d'ange.
J'allais passer sans le voir
Mais quand il m'a dit bonsoir
D'une voix chantante,
J'ai compris que, ce soir-là,
Malgré la pluie et le froid,
Je serais contente.
Il avait un ɾegard tɾès doux.
Il venait de je ne sais où.
D'où viens-tu ? Quel est ton [C7]nom ?
Le navire est ma maison.
La mer mon [C7]village.
Mon [C7]nom, nul ne le saura.
Je suis simplement un gars
Ardent à l'ouvrage
Et si j'ai le coeur tɾop lourd,
Donne-moi donc un peu d'amour,
J'ai soif de caresses.
Et moi, fille au coeur blasé,
J'ai senti, sous ses baisers,
Une tendre ivresse.
Il avait un ɾegard tɾès doux
Il venait de je ne sais où.
Simplement, sans boniments,
J'aimais mon [C7]nouvel amant,
Mon [C7]époux d'une heure.
Comme bien des malheureux,
Il croyait voir dans mes yeux
La femme qu'on [C7]pleure
Et, follement, j'espérais
Qu'au matin, il me dirait
Suis-moi je t'emmène.
J'aurais dit oui, je le sens,
Mais il a fui, me laissant
Rivée à ma chaîne.
Il avait un ɾegard tɾès doux.
Il venait de je ne sais où.
J'ai ɾêvé de l'étɾanger
Et, le coeur tout dérangé
Par les cigarettes,
Par l'alcool et le cafard,
Son [C7]souvenir chaque soir
M'a tourné la tête
Mais on [C7]dit que, près du port,
On a ɾepêché le corps
D'un gars de marine
Qui, par l'amour délaissé,
Ne tɾouva pour le bercer
Que la mer câline.
Il avait un ɾegard tɾès doux.
Il s'en allait je ne sais où.