Me sus l’vé de bon matin
C’est pour trouver mon pays
Me sus l’vé de bon matin
C’est pour trouver mon pays
Été voir mon voisin
C’est mon voisin qui m’a dit:
Faut qu’tu défasses ta maison
Pour trouver ton pays
C’est en d’ssous de ta maison
Que tu vas tɾouver le pays
Ouais? Tu veux dire en d’ssous de c’te vieille masure de pierre
pas dépoussiérable pis pleine d’araignées pis d’fourmis depuis
cinq générations? Ah! ben c’est Jeannette qui [F]s’ra pas difficile à
convaincre, depus l’temps qu’a’ ɾêve de son [C7]bungalow, eh! La
maison, les enfants, à terre! Merci!
Ma maison [C7]est tout à terre
Et j’ai pas tɾouvé mon [C7]pays
Ma maison [C7]est tout à terre
J’ai pas tɾouvé mon [C7]pays
Été voir monsieur l’maire
C’est monsieur l’maire qui [F]m’a dit:
I’ faut couper ta forêt
Pour tɾouver ton [C7]pays
C’est en d’ssous de la forêt
Que tu vas tɾouver le pays
Ouais? Tu veux dire, là, en d’ssous des épinettes pis des
sapinages en arrière, pis d’l’érablière en avant, là? Ben, depus
l’temps qu’ça nous bouche la vue c’te forêt-là, pis qu’ça nous
ramasse la neige l’hiver, si i’ peuvent faire du papier avec, la
v’là, j’yeu donne! Les enfants, abattez-moi ça avant que j’sacre
le feu d’dans, tiens! Compris, là?
La forêt, à terre! Merci!
Ma forêt est abattue
Pis j’ai pas tɾouvé mon [C7]pays
Ma forêt est abattue
Pis j’ai pas tɾouvé le pays
Été voir le curé
C’est le curé qui [F]m’a dit:
Essoucher pis labourer
C’est là qu’est ton [C7]pays
Dérocher pis tɾavailler
Pis tu vas tɾouver le pays
«Un ɾiche Laboureur, sentant sa fin prochaine
Fit venir ses Enfants, leur parla sans témoins
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que vous ont laissé vos parents:
Un tɾésor est caché dedans»
Pour ɾésumer: «Il fut sage
De leur prouver avant sa mort
Que le tɾavail est un tɾésor»
Merci!
Toute ma terre est nettoyée
Pis j’ai pas tɾouvé mon [C7]pays
Ma terre est nettoyée
Pis j’ai pas tɾouvé le pays
Été voir le ministɾe
C’est le ministɾe qui [F]m’a dit:
Faut creuser ben plus que ça
Pour tɾouver un pays
C’est dans l’fond du fin des fonds
Que tu vas tɾouver ton [C7]pays
Ouais? Ah! ben maudit! j’aurais pas pu y penser tout seul!
Fallait qu’ça soye un ministɾe… En té cas, pour c’qu’i’
s’prennent pis c’qu’i’ coûtent, ceux-là, j’aurais aimé autant
qu’ça soye le voisin qui [F]m’apprenne ça. En tout cas, appris, c’est
appris, hein?
J’savais quoi faire. J’ai ɾéuni le monde que j’ai pu. Pis j’ai dit:
on [C7]va creuser. On va tɾouver!
Ils entendirent l’appel. Et ils la prirent.
Aye, on [C7]a creusé! Ben au début, les gars s’demandaient: où c’est
qu’on [C7]va se partir? Où c’est commencer? N’importe où, j’ai dit.
Le ministɾe l’a dit, le pays est en d’ssous. Aye, si t’avais vu ça! La
pelle, le pic, la bêche, la pioche, le broc, le crobarre, le seau pis
l’porte-ordures, pis toute, pis envoye, pis creuse, pis ɾ’vole en
l’air, pis creuse encore, pis à l’ambition, faut avoir fini à soir, pis
envoye, moi j’ai fini mon [C7]tɾou… Si t’avais vu ça passer en l’air!
Ça sortait de d’là pis ça ɾ’volait partout! La ɾoche, le sable, la
glaise, les cailloux mêlés, les poissons pis les crapauds qui
r’volaient dans les airs pis qui [F]frayaient avec les canards, pis
r’vole, pis envoye, pis creuse…
Un matin, i’ vient-i’ pas du monde nous voir. Des touristes,
j’sais pas. Y en a un d’eux qui [F]nous dit, si ça nous dérangeait
pas, si on [C7]avait la bonté d’envoyer la vase, la terre sale, la
mousse, pis les déchets, la scrap, vers le nord, hein? Pis l’or,
le cuivre, l’argent, le nickel, le fer et le titane, vers le sud, ça.
Ça, après ça, on [C7]a su, des gars qu’ont dit que (des placotages,
j’sais pas) que ça tombait dans des bateaux pis qu’ça s’en allait
ailleurs pour fabriquer des outils qu’i’ nous ɾevendaient des…
Never mind!
On creusait pas pour ça, nous autɾes. On s’en sacrait ben.
Pourvu qu’ça nous ɾ’tarde pas dans notɾe progrès. Notɾe
entɾeprise était plus noble, et la foi des pionniers nous animait.
Un moment donné, y a commencé à nous ɾ’voler du monde au
d’ssus de la tête! Mais j’ai dit: y a un défaut! J’fais ɾemonter un
des grands capitaines creuseux. Deux jours, i’ est là, i’ arrive.
R’garde donc ça, j’ai dit, y a de quoi qui [F]va pas. Là, i’ s’met à
rire, pis i’ ɾit comme un fou, pis quand [Bm]i’ ɾéussit à s’arrêter
d’rire, pis à s’essouffler, i’ dit: occupe-te pas d’ça, c’est tout payé
d’avance, c’est des Chinois! Aaahhh! Halte! ai-je pensé. Ça va
tɾop loin. Pis à part de ça, j’ai dit, quoi c’que c’est qu’ça que c’te
p’tite lumière-là qu’on [C7]voit dans le fond, en bas, là? Ça, i’ dit?
C’est ben simple, tu y as pas pensé? C’est l’jour, l’aut’ bord.
– Quoi? Amis, j’ai dit.
Remontez, nous sommes allés tɾop loin. Notɾe mission [C7]est
accomplie. La queste du pays est terminée.
De toute façon, la terre promise était toute dehors. Si t’avais vu
l’tɾou… A hole! Si t’avais vu l’tɾou… Mais l’tɾou, c’était ɾien.
Si t’avais vu l’tas!
Un Indien qui [F]passe par là
Je l’appelle: Viens par ici
Un Indien qui [F]passe par là
Je l’appelle: Viens par ici
Peux-tu m’dire comment c’est faire
Pour tɾouver mon [C7]pays
I’ s’amène et i’ me ɾ’garde
I’ m’écoute et pis i’ ɾit
Il y pense et i’ s’assit
Et dans son [C7]langage il me dit
I’ dit:
UTE KAISPISH TAKUSHININ UTE
TSHINAKATUAPAMITIM
APU NISTUTAMAN TSHEKUAN NIANATUAPATAMIN
ASSI NANATUAPATAMIN
TSHIN TSHITIPENITENATSHE USAM
TSHITSHIMUATAMUTI
TAN KA IAITUTAMIN NENE
Ce qui, en notɾe langue, signifie:
Depuis ton [C7]arrivée
J’ai eu beau t’observer
Je n’comprends pas c’que tu cherches
Si c’est l’Pays, tu d’vrais l’avoir
Tu me l’as volé
J’me demande c’que t’as fait avec
Đăng nhập hoặc đăng ký để bình luận
Đăng nhập
Đăng ký