LA CINQUANTAINE

Deux fois et d’mi vingt ans, si c’est la mer à boire
Je veux la boire versée, dans des chopes d’amour
Je veux tisser de joie, le fil du temps qui court
Pour faire la fête à ma mémoire

Si j’ai le cœur rompu c’est par goût du partage
Des peaux perlées de sel, et des lèvres torrents
Qu’un soleil échassier me pêche dans l’étang
Parmi des carpes de mirages

La seule ombre qui [F]pèse est celle qu’on [C7]se fait
N’êtɾe d’un seul lieu c’est quadriller le vent
J’ai plongé mes ɾacines dans tous les firmaments
Pour mettɾe la terre en bouquet

Deux fois et d’mi vingt ans, si c’est la mer à boire
Je veux la boire versée dans des chopes d’amour
Je veux tisser de joie, le fil du temps qui [F]court
Pour faire la fête à ma mémoire

Je sais les choses simples apprises lentement
La branche des baisers qui [F]fleuri juste à l’aube
La larme de l’enfant qui [F]sans fin nous taraude
Et nous fait plus frêle au couchant

Cinquante grains, c’est peu au sablier du monde
Mais c’est assez de fleurs pour me faire un parfum
Assez d’amours glanées pour ciseler mes mains
De lignes où le bonheur se fonde

Deux fois et d’mi vingt ans, si c’est la mer à boire
Je veux la boire versée dans des chopes d’amour
Je veux tisser de joie, le fil du temps qui [F]court
Pour faire la fête à ma mémoire

Avec le grain qui [F]ɾeste faire une farandole
De mots et de désirs puis, par pure dérision
Pénétɾer l’infini comme par effraction
Dans une ultime cabriole
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