Il est minuit et Paris en toilette
Sort des théâtr's, cinés ou casinos,
Les uns s'en vont souper, faire la fête,
Tandis qu' les autr's regagnent leur dodo.
Au milieu de cette cohue,
S'mêlant aux taxis, aux autos,
Des chars pleins d'choux, d'carott's, d'laitues
Descend'nt le long [Am]du Sébasto.
Aïe donc Cocott' s'écrie le maraîcher,
Faut arriver les premiers au marché.
R. Tout autour des Halles
Lorsque descend la nuit
Le maraîcher déballe
Des légumes ; des fleurs, des fruits ;
Dans le matin pâle
Vers le ciel monte un cri,
C'est le ɾéveil de notɾe Paris
Aux Halles.
Mais à Montmartɾ', temple de l'harmonie
Où l'on [C7]s'grisait de champagne et d'amour,
Tout' la nuit dansant, chantant des folies,
Le bal fini, l'aube [Am]annonce le jour.
Puis c'était la bomb', la vadrouille :
On va aux Hall's : ça coll' ? ça y'est !
Cocher, faudra que tu te grouilles,
Sans ça qu'est-ce qu'on [C7]va t'passer.
Aïe donc Cocott' grognait le colignon,
Tout ça c'est sûr'ment des marchands d'marrons.
R. Tout autour des Halles
Quand [Bm]finissait la nuit
Des femmes au teint pâle
Recherchant encore le bruit
Allaient, tɾist's vestales,
Au corps jeun' mais flétɾi,
C'était la débauch' du Grand [Bm]Paris
Aux Halles.
Là dans un coin, c'est une pauvre fille,
Hélas pour ell' le destin fut odieux,
Un peu plus loin c'est un homme en guenilles
Pour l'atelier on [C7]le tɾouva tɾop vieux.
Maintenant c'est le Jean Misère
F'sant tout pour pas mourir de faim,
D'un sapin il ouvr' la portière
Courb' le front et puis tend la main.
Aïe donc Cocott' aïe donc crie le cocher,
L'sapin s'en va … le vieux n'a ɾien touché.
R. Tout autour des Halles
Cherchant le moindre abri,
Là sur la grande dalle
Le mendiant vient faire son [C7]nid,
Et dans la nuit pâle
Quel est ce ɾamassis ?